Sœurs

Genre : comédie dramatique

Distribution : 2 femmes

Durée : 1h20

Editeur :  La Fontaine

Résumé :

On ne choisit pas sa famille, on la subit. Et si l’on ne veut pas la subir, on s’en va. C’est ce qu’Annette a fait un jour : elle a claqué la porte de la demeure familiale et elle est partie vivre sa vie comme elle la voulait, avec les gens qu’elle voulait ; bien ou mal c’était devenu « SA » vie. Mais lorsqu’une mère meurt, il faut bien revenir. Et Annette revient assister aux dernières secondes de vie de sa mère et retrouver, par la même occasion, Pauline, sa sœur qu’elle n’a jamais revue depuis son départ. Difficile de renouer un dialogue dans ces conditions. Difficile d’étouffer le passé, les rancœurs, les jalousies ; d’accepter les différences, d’éviter les jugements, la morale, de vivre un deuil quand il y a de la souffrance enfouie. En quelques petits jours partagés dans la vieille demeure de province, Annette et Pauline vont se réapprendre, se redécouvrir, renouer des liens si fortement dénoués, se regarder, s’apaiser.

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Extrait

…/…

LA MAISON

ANNETTE

Qu’est-ce qu’on fait pour la maison ? On la vend ?

PAULINE

Ça m’embêterait. C’est notre maison.

ANNETTE

Non, c’est la maison des parents.

PAULINE

Aujourd’hui c’est la nôtre.

ANNETTE

Par héritage, pas par choix.

PAULINE

Tu ne l’aimes pas ?

ANNETTE

Non.

PAULINE

C’est pourtant là que nous avons vécu notre enfance. Et puis plus tard nos vacances.

ANNETTE

Voilà. C’est une maison de vacances.

PAULINE

Non, pour moi c’est plus. Un souvenir est attaché à chaque pierre, chaque objet, chaque arbre du jardin. C’est une partie de ma vie qui s’est imprégnée dans les murs. Ça me ferait mal de l’abandonner à quelqu’un d’autre qui recouvrirait notre histoire de son quotidien.

ANNETTE

C’est la vie. Mes anciennes voitures sont utilisées par d’autres, mes anciens mecs aussi. Je n’ai pas le sens de la propriété. Je m’accroche à rien.

PAULINE

Tu ne veux pas qu’on la garde ? On s’arrangerait pour y venir chacun son tour. Ou ensemble si on a envie.

ANNETTE

J’ai besoin d’argent.

PAULINE

Je peux t’en prêter.

ANNETTE

Beaucoup d’argent.

PAULINE

Je peux t’en prêter beaucoup.

ANNETTE

J’ai besoin de « mon argent ».

PAULINE

…dis plutôt que ça t’amuse de me contredire.

ANNETTE

Je n’aime pas cette maison !

PAULINE

Et moi je l’aime !

ANNETTE

Achète ma part. Puisque tu as de l’argent.

PAULINE

C’est ce que je vais faire.

ANNETTE

Ne compte pas sur moi pour te faire un prix. Je vais demander conseil au type de l’agence immobilière.

PAULINE

Tu veux un chèque tout de suite ? Pour la réservation.

ANNETTE

Arrête ! J’ai le droit de ne pas vouloir garder cette maison.

PAULINE

Tu as tous les droits, que le droit autorise. Tu es majeure.

ANNETTE

Et vaccinée. (elle lui appuie un doigt sur le sein) Néné !

PAULINE

Ce n’est pas drôle.

ANNETTE

Ça devrait pourtant te plaire. C’est ici même qu’on a joué à pouet-pouet-nénés pour la première fois.

PAULINE

C’est vrai. Mais si l’endroit n’a pas changé, nous si.

ANNETTE

C’est moi qui avais inventé ce jeu. Pour toucher tes seins. Tes gros seins. Tu as toujours plus de poitrine que moi.

PAULINE

Ne le regrette pas. Quand je fais mon footing dans le parc, j’ai deux kilos de plus à trimballer.

ANNETTE

Moi je les ai dans les fesses.

PAULINE

C’est bien, ça abaisse ton centre de gravité.

ANNETTE

Ça l’abaisse tellement que les hommes ont beaucoup de mal à l’apercevoir.

…/…