Pas sage, privé !

Genre : comédie policière et déjantée

Distribution : 3 femmes (ou plus) 5 hommes (ou plus)

Durée : 1h30

Résumé :

Disons-le d’emblée, cette pièce est une réelle loufoquerie. Une sorte de cartoon théâtral écrit dans le seul but d’enchaîner les situations improbables, les actions farfelues et les répliques hilarantes. L’histoire est tortueuse, mystérieuse mais elle importe peu. Ce qui importe c’est l’enquête du détective Narvik, véritable limier sans peur et sans reproche. C’est les malheurs de ses adjoints tous atteints d’infirmités qui leur joueront de vilains tours. C’est pourquoi monsieur Casta reçoit chez lui des oreilles coupées. C’est pourquoi le 14 Juillet les imbéciles aiment jeter des pétards. 
Cette pièce a déjà était présentée sous le titre« Privé de 14 Juillet ».

Extrait

…/…

NARVIK
Je me souviens encore très bien, tout a commencé un 14 Juillet.
Eclatements de pétards, feux de Bengale, éclairs… Narvik se redresse, siffle puis appelle.
NARVIK
Bagou !
Bagou apparaît, c’est l’adjoint muet du détective.
NARVIK
Bagou, essuie moi. Je me suis étalé dans une crotte de chien.
Narvik allume une cigarette pendant que Bagou brosse son imper. Un groupe de fêtards passe en jetant des confettis, des serpentins, des pétards. Ils sont joyeux, chantent et dansent. Le dernier du groupe passe l’aspirateur pour ramasser les saletés.
NARVIK
Le 14 Juillet est celui des jours fériés que je déteste le plus. Les gens sont deux fois plus cons qu’à l’ordinaire.
UN TYPE (montrant une trompette)
Tu sais que ma trompette fait la pluie et le beau temps ?
NARVIK
Non.
LE TYPE
Si, regarde. (il souffle dans sa trompette et de l’eau en sort, mouillant Narvik) Je fais la pluie. Pour le beau temps, faut voir avec mon collègue.
Un autre type remplace le premier et braque une lampe torche dans les yeux de Narvik.
L’AUTRE TYPE (en chantant)
Soleil, soleil…
Les deux types rejoignent le groupe et sortent en riant.
NARVIK
Quelle bande de ploucs ! Le 14 Juillet c’est le jour de sortie des amoindris du cerveau ! C’est là qu’on se rend compte qu’ils sont nombreux. Ils ont leur panoplie débile avec les instruments assortis, le fanion tricolore, le béret basque, les pétards à corbeaux, les langues de belle-mère. Faut que ça fasse beaucoup de bruit ! Des fois qu’on passerait à côté de leur connerie sans l’apercevoir….. Ca va Bagou ! Ca suffit, tu vas lustrer ma gabardine.
Bagou cesse de brosser l’imper et se brosse les cheveux.
NARVIK
Moi, les jours de fête nationale, je reste tranquillement dans mon bureau, calfeutré, parfaitement : calfeutré, avec de quoi boire, de quoi fumer et de quoi lire. Façon Bogart. Ça vous dirait de voir comment c’est fait le bureau d’un détective privé ?… Va allumer Bagou, ils sont en plein cirage.
Bagou s’éloigne et passe à jardin. On découvre alors le bureau de Narvik, réduit à sa plus simple expression : un bureau, un fauteuil, de la paperasse, un rocking-chair, un tabouret. Une lampe se balance tristement sur l’ensemble. Dès que Bagou est dans le bureau, une langoureuse musique américaine envahi le plateau. Bagou pousse d’un doigt le rocking-chair qui se balance et branche un petit projecteur qui va éclairer un portrait de Kennedy.
NARVIK
Voilà. C’est à peu près comme ça. Sauf que le président n’est plus d’actualité…. (Bagou se précipite et retourne le portrait de Kennedy qui devient portrait de Monica Bellucci)…que j’ai pas franchement les moyens de boire du whisky… (Bagou enlève la bouteille et le remplace par une canette de bière)…et qu’on est à Paris… (Bagou appuie sur un lecteur de cassettes et retourne la cassette. Aussitôt on entend « La Madelon »)… hé oui, Paris, un 14 Juillet !
Narvik entre dans le bureau, va fermer la fenêtre, aussitôt la musique s’arrête dans la radio. Bagou regarde le poste, le secoue, regarde Narvik, ne comprend pas.
NARVIK
J’étais calfeutré !
Bagou s’installe dans le rocking-chair, un livre entre les mains, il se balance. Narvik va accrocher son imper, prend un ventilateur à main et se le promène sur le visage.
NARVIK
Et je peux vous dire qu’il m’en coûtait de garder la fenêtre fermée car cette année-là, vous vous en souvenez sûrement, il a fait un mois de Juillet torride. Le papier peint craquait sur les murs, les poissons rouges suffoquaient dans leur bocal rempli d’eau bouillante, le beurre se vendait en bouteille, bref rien qu’à se passer du vernis on transpirait des ongles ! Enfin je parle pas pour moi. Hein Bagou ?
…/…